Qui va cultiver nos terres ?
On l’entend partout. La moitié des exploitations vont changer de mains dans les prochaines années. Certains imaginaient un raz-de-marée sur le marché foncier. La vague n’est pas là, et nous ne la verrons probablement pas. Pourquoi ? Parce que les agriculteurs aujourd’hui ne vendent pas des parcelles de terres, ils transmettent des exploitations entières, des outils de production : du foncier en propriété et en location, des bâtiments, du matériel, du cheptel, des stocks…
Accompagner les transmissions, aujourd’hui, c’est bien plus que vendre du foncier. Cela demande des savoir-faire, du temps, des moyens. Il faut être créatifs pour répondre à la fois aux besoins des cédants et aux attentes des repreneurs.
Et c’est là que va se jouer l’avenir de nos terres : qui pour reprendre ces exploitations ? Un voisin, déjà en place qui connaît la musique de ces montages complexes, qui a les clés en main pour optimiser la fiscalité, qui a une assise financière suffisante pour rassurer la banque ? Ou un jeune qui n’a pas ces atouts. Et dont le projet ne correspond pas vraiment à la structure transmise. Qui aimerait bien un peu plus petit, un peu plus extensif… et beaucoup moins cher !
Cette même question va se poser plus spécifiquement sur deux composantes majeures de nos territoires.
Le marché des vignes est à l’arrêt. Près de 30 000 ha ont été arrachés, autant le seront bientôt. Cette crise n’est pas conjoncturelle. Elle traduit une restructuration profonde de toute la filière, sous la pression des marchés mondiaux et de l’évolution des modes de consommation. C’est l’avenir de nos bassins de production qui se pose : comment aménager nos territoires dans ce contexte, quelles productions pour l’avenir de ces terroirs ?
La forêt, quant à elle, fait face à un autre défi. La spéculation et la financiarisation liées aux perspectives alléchantes des marchés du carbone et de la biodiversité, mais surtout à une fiscalité attractive, ont fait s’envoler le marché des plus grands massifs. Plus que d’une bulle spéculative, c’est de solutions de long terme face aux enjeux du changement climatique dont l’ensemble de la forêt et la filière bois ont besoin.
Face à ces enjeux, pour des territoires ruraux dynamiques et vivants, il faut une stratégie, il faut un pilote. C’est maintenant qu’il faut collectivement renforcer les moyens d’orienter ces transmissions, en étant aussi créatifs que l’ont été nos prédécesseurs il y a 60 ans.
Thierry Bussy, Président de la Fédération Nationale des Safer
Les prix par marché foncier de l’espace rural en 2025
- Terres et prés libres : +0,9% à 6 460 euros/ha
- Terres et prés loués : +2,5% à 5 350 euros/ha
- Vignes AOP : -2,9% à 171 400 euros/ha
- Vignes à eaux-de-vie AOP : -54,5% à 23 200 euros/ha
- Vignes hors AOP : -7,7% à 12 800 euros/ha
- Forêts : +2,5% à 4 9750 euros/ha
- Maisons à la #campagne : +3,6% à 210 000 euros le lot
- Terrains constructibles de moins de 1 ha acquis
par des particuliers : -1,7% à 74 200 euros le lot - Loisirs et anticipation
de changement d’usage : +16,6% à 50 800 euros/ha
En savoir plus :
Les marchés fonciers ruraux en 2025
La source à citer en cas d’utilisation de ces éléments est :
Groupe Safer – https://www.le-prix-des-terres.fr (sauf autre source indiquée dans les documents).
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